Demain, ça sera la dernière. Derniers moments avec elles. Derniers pas sur cette scène de fortune, avec cette "petite école de campagne" qui signifient tellement pour moi. C'est comme la fin de la vie. Les images défilent, les tissus, les chorés, les galas, les filles et les rires. Tout le travail d'un an en 6minutes de choré. Tout le travail, toute la sueur de son front achevé en 2h de spectacle. Ceux qui ne l'ont pas vécu ne le comprendront pas. Ceux qui l'ont vécu comprendront trop bien. Venir, entrer dans cette salle, délacer et délaisser ces chaussures qui font mal aux pieds, enlever ce manteau qui rappelle le froid hivernal. Bonjour, bise. Le poids d'une journée commence à ne plus peser lourd sur mes épaules. Rires. Retour au sérieux, il faut entrer sur ces quelques mètres de "scène". Ce petit bout de parquet nous suffira et finira par vouloir dire tellement... La musique commence. Les muscles fatigués de la journée s'animent. Ils semblent s'enflammer sous l'effort, recherchent une récompense, l'ultime de la semaine. 8 temps. Les tours, tonneaux, ciseaux et autre arabesques s'enchainent. La bonne humeur est la malgré l'effort. L'effort? Le corps et l'esprit semblent oublier ce mot. Les soucis restent à l'extérieur de ce jardin d'Eden bien à nous. Ils restent avec les manteaux mais ne reviendront à nous que le lendemain matin. 1h30 d'achevé. Nous auront encore bien rigolées. Je ne me presse pas. A la sortie de la salle, c'est le quotidien. Bavardages. Il faut retarder l'échéance, même de quelques secondes. Ca peut paraître capricieux, mais je suis si bien ici. Je ne veux pas y aller, même si je le regretterai le lendemain en me levant. Je le regretterai tous les jeudis matins, mais finalement, je ne regrette pas ces heures passées à retarder l'échéance de quelques minutes, à avoir profiter de cette salle, de ces filles, de cette femme. Je suis si bien là bas. Mon esprit attendra toute la semaine d'y retourner. Non je ne m'en lasse pas. Ma jambe ne monte pas haut, mes tours manquent de précision, même si elle dit que j'ai la technique. Mais qu'importe la technique? La passion est là, la motivation, l'envie de me vider, d'essayer de devenir meilleure, de profiter de ce bonheur infini en leur présence. Mais tout cela s'achève. L'an prochain ne sera plus pareil. Grandir me prive de ce bonheur qui reste gravé si profondément. Je revois très bien dans mon esprit chaque moment passé, chaque foulée. Comment ne pas s'en souvenir alors qu'il y a tellement de bons moments? Mais pour cela, il faut non seulement aimer danser, mais il faut que ca vous foute la argne, que ça vous aggripe et que cette femme tout simplement géniale vous fasse passer un moment innoubliable a partager son savoir. Je vais vous dire la magie de ce lieu: il réside en une scène et quelques filles mais surtout il réside dans la bonne humeur et l'envie de nous faire apprendre de cette nana fantastique qui nous a tellement apporté. Et qui ne le saura surement jamais. J'ai rien a regretter, juste de vous quitter pour cette année, mais tout ça, ça reste gravé profondément, et quand je me sentirai seule, je penserai à tous ces pas, à cette scène, à elles, à Elle.